Un plombier en fuite

Si je ne joue plus trop aujourd’hui, je dois dire que j’ai été pendant longtemps un gamer. Voire un hardcore gamer, à une certaine époque. Jusqu’à ce que je devienne père, en fait : il est difficile de passer toutes ses nuits à jouer aux jeux vidéo quand il faut en plus travailler et s’occuper de ses enfants ! Pourtant, même si cette vie appartient au passé, je continue malgré tout à suivre les tendances, histoire de garder un pied dans la porte. Du coup, j’ai suivi attentivement la présentation de la Switch, et je dois dire que la prochaine console de Nintendo me sidère à plus d’un titre. Mais pas en bien, malheureusement. Il y a deux semaines, j’ai réalisé un voyage de groupe à Austin aux USA. Dans le groupe, il y avait un autre joueur, et nous en avons débattu toute une soirée. C’était un supporter de Nintendo et il a donc défendu la console bec et ongles. Mais j’ai eu beau écouter tous ses arguments, je suis resté assez dubitatif quant à l’avenir de la console. Pour le coup, le plombier a fait pas mal d’erreurs, tant au niveau de la communication que du positionnement de la console. Proposer une console dont l’image n’est même pas en haute définition, à notre époque, et à un tel prix ? C’est tout à fait suicidaire ! Comment Nintendo a pu croire que les gens seraient prêt à payer plus cher qu’une PS4 une console aux caractéristiques si pauvres ? Qu’est-ce qui a bien pu leur passer par la tête ? Je reconnais que le principe initial de la Switch est très alléchant : le fait de concilier plusieurs plateformes est une belle innovation. Mais le résultat n’est selon moi pas assez qualitatif pour faire passer les gens à la caisse. Et certainement pas à un tel prix. Avec des comptes dans le rouge depuis maintenant trois ans, Nintendo ne survivra sans doute pas à un nouvel échec. Mais la firme semble bien partie pour suivre ce chemin. Soit dit en passant, j’ai été séduit par ce voyage de groupe aux USA. Ma femme me tanne déjà pour que nous recommencions. Je vous mets en lien le site où nous avons dégoté ce voyage, si vous souhaitez creuser la question !

austin

Entêtement dans le nucléaire

Entêtement dans le nucléaire et enterrement de l’éolien en mer. Au secours ! C’est la transition énergétique par les nuls ! La même semaine, on a ainsi appris deux terribles nouvelles pour l’écologie et l’industrie verte dans notre pays. D’abord, EDF sera bien engagée dans le projet absurde de construction de deux réacteurs nucléaires EPR au Royaume-Uni. Ensuite, Areva se débarrasse de sa filiale dans l’éolien en mer au profit de l’allemand Siemens. Après l’abandon à General Electric de la branche énergies marines d’Alstom en 2014, c’en est donc fini de l’espoir d’une filière industrielle française puissante dans l’éolien en mer si rien ne change en 2017. C’est tout l’inverse qu’il faudrait faire. C’est ce que diront les partisans de la sortie du nucléaire à Flamanville en Normandie lors du weekend d’action du 1er et 2 octobre prochain. Beaucoup de ceux avec qui je mène campagne y seront. Hinkley point. Retenez ce nom. Ce sera peut-être le cercueil d’EDF. C’est le nom du projet de deux réacteurs nucléaires au Royaume-Uni. La Première ministre britannique Theresa May a confirmé ce projet jeudi 15 septembre. EDF sera le principal maître d’œuvre du chantier. Plus de 21 milliards d’euros doivent être investis dans ce projet dont les deux-tiers entièrement à la charge d’EDF. C’est un montant vertigineux. Le journal Le Monde écrit que cela fera de ce complexe nucléaire « l’objet le plus cher de la planète » ! C’est un projet absurde : nous n’avons pas créé EDF pour construire des centrales nucléaires au Royaume-Uni mais pour produire de l’électricité en France. C’est un projet suicidaire. Cet investissement est insupportable pour EDF compte tenu de sa situation financière actuelle et des besoins futurs. L’entreprise est endettée à hauteur de 38 milliards d’euros. C’est surtout absurde au regard des besoins en investissement en France dans les centrales nucléaires existantes, qui se chiffre à 100 milliards d’euros. Sans compter l’argent qu’il faudrait pour sortir du nucléaire et investir dans les énergies renouvelables. D’ailleurs, la totalité des syndicats d’EDF s’opposent à ce projet, même ceux qui défendent le recours à l’énergie nucléaire en France ! Même Laurence Parisot, ancienne présidente du MEDEF, s’est opposée à ce projet au sein du conseil d’administration d’EDF dont elle est membre. Imaginez la scène, Sud, CGT et l’ancienne présidente du MEDEF d’accord : c’est que l’affaire doit être grave, non ? Et le directeur financier d’EDF avait démissionné au printemps pour protester contre ce projet. Seuls la direction générale d’EDF et le gouvernement Hollande s’entêtent dans ce projet. Pourquoi ? Au profit de qui ? C’est un projet irresponsable. Ces réacteurs doivent être de technologie « EPR ». À l’heure actuelle, aucun réacteur de ce type ne fonctionne. Et les deux chantiers d’EPR en cours en Europe sont des fiascos industriels et des gabegies financières sans nom. En Finlande, les coûts ont dérapé de 5 milliards d’euros et plombé Areva. En France, à Flamanville, en Normandie, le chantier de l’EPR est en retard de six ans : il devait ouvrir en 2012 et n’ouvrira pas avant 2018, dans le meilleur des cas ! Et le coût a été multiplié par trois, à plus de 10 milliards d’euros contre 3,4 milliards prévus au départ. Sans compter les multiples révélations de malfaçons, d’accidents du travail, de recours à des travailleurs détachés surexploités. Il est plus que temps d’arrêter les dégâts. Un grand rassemblement est prévu les 1er et 2 octobre prochain à Flamanville justement pour dénoncer ce fiasco et exiger la sortie du nucléaire. Des partisans de la sortie du nucléaire de toute la France vont s’y donner rendez-vous. Une manifestation aura lieu le samedi 1er à 14 heures. C’est l’occasion de remettre la question écologique au cœur de la campagne présidentielle qui commence. C’est vital pour l’avenir du pays du point de vue écologique évidemment. Mais aussi du point de vue industriel et social. Car le productivisme et le refus de la transition écologique coûtent de plus en plus cher en emplois détruits et en filières industrielles abandonnées. Alors que la sortie du nucléaire et des énergies carbonées pour passer à une France 100% renouvelable pourrait créer 900 000 emplois dans notre pays. Il y a évidemment aussi Alstom transport, spécialiste du ferroviaire, et en particulier la fermeture annoncée de l’usine de Belfort. Cette usine est pourtant spécialisée dans la construction de locomotives pour le fret ferroviaire dont nous aurions tant besoin pour réduire le nombre de camions sur les routes. Je renvoie ceux que ce pillage et ce dépeçage indignent à la tribune que j’ai publiée dans Le Monde à ce sujet et qui a été mise en ligne sur ce blog. Mais il y a pire. Pendant qu’EDF s’entête dans le nucléaire, la filière des énergies renouvelables marines est démantelée dans notre pays. Areva, pilier de la filière nucléaire française a aussi une filiale dans l’éolien en mer. Mais cette entreprise publique doit faire face à de très lourdes difficultés financières causées par le nucléaire. Et pour y faire face, le gouvernement a, contre toute logique, décidé de sacrifier la branche d’éolien off-shore. Cette filiale sera donc vendue à une filiale de l’allemand Siemens. Ce sabordage intervient deux ans seulement après l’abandon de l’autre leader français des énergies marines, Alstom. La branche énergie d’Alstom a été bradée à General Electric au mépris de l’intérêt général. L’absence de volonté et même d’intérêt politique pour la filière des énergies marines est total dans notre pays. Nos entreprises sont parmi les meilleures au monde. Elles pourraient assurer une part significative de l’énergie dont nous avons besoin à partir de sources renouvelables. Mais le laisser-faire gouvernemental a tout gâché. Alstom et Areva s’affrontent dans le secteur. Comme je l’écrivais dans mon article « la France puissance maritime qui s’ignore » paru en 2014 dans la Revue internationale et stratégique : « Quel spectacle lamentable de voir nos champions industriels s’affronter au lieu de coopérer : Alstom produit des éoliennes offshore avec EDF contre GDF (allié à Areva), mais des hydroliennes avec GDF contre EDF ! ». Et je demandais « à quand un pôle public de l’énergie permettant de faire travailler ensemble ces entreprises ? ». Au lieu de cela, les deux piliers des énergies marines que sont la filiale d’Areva et Alstom Énergies Marines sont passées sous contrôle étranger. Quel désastre ! Quelle atteinte à l’intérêt général d’avoir laissé faire et même organisé ce pillage ! Et comment voir que tout cela n’annonce pas pour demain le même genre de dépeçage industriel que ceux qui ont martyrisé Alcatel par exemple ? Pourtant, si EDF trouve près de 20 milliards d’euros à injecter dans un projet nucléaire au Royaume-Uni, on peut penser qu’il aurait pu trouver quelques milliards d’euros pour investir dans l’éolien off-shore non ? Mais au fait, EDF n’est-il pas possédé à 85% par l’État ? N’est-ce pas le gouvernement qui nomme les administrateurs et définit donc la politique de l’entreprise ? C’est donc bien François Hollande le responsable de ce naufrage actuel et futur. Comme c’est beaucoup d’argent qui circule dans ces dossiers il faudra le moment venu s’assurer des circuits qui se sont activés et qui ont pris leur part à cette gabegie.

Bilbao – femme de paix

Dans cette partie du monde, cela fait un moment que le taux de natalité a baissé : nous avons effectué la transition démographique, et avons donc cessé de percevoir l’influence que peut avoir le taux démographique dans la paix dans le monde. Cette influence est pourtant significative, et il me semble important de garder ce fait en mémoire pour comprendre les tensions qui existent au Moyen-Orient, par exemple. Il y a quelques jours, au cours d’un meeting à Bilbao, j’ai en effet entendu une conférence captivante sur l’influence de la démographie dans ces tensions. La personne montrait en quoi la diminution du taux de natalité est à la fois essentielle pour les ressources naturelles de la planète mais aussi pour la sûreté sociale. A l’échelle de la planète, le taux de naissance décline. Mais certaines régions du monde échappent à cette baisse, et l’on constate que ce sont précisément ces contrées qui sont entachées par les violences. Au Soudan, par exemple, la population est confrontée à une croissance excessive, en raison d’une réduction du taux de mortalité qui n’a pas conduit à une diminution de la natalité. Et malheureusement, avec une proportion démesurée de jeunes aptes à faire la guerre, il est presque impossible de créer un régime durable. La violence sera donc encore un bout de temps une catastrophe pour ce pays. En tout état de cause, la transition démocratique commencera forcément par une baisse de la natalité. Les chiffres montrent que ce danger est la plupart du temps lié à la question de l’amélioration de la condition féminine, car un fléchissement de la natalité est la résultante des programmes d’éducation des jeunes filles. L’alphabétisation et la libération de la femme sont véritablement la meilleure manière de circonscrire le taux de mortalité infantile et celui de la natalité. Les femmes sont donc la clé d’une transition démographique réussie. Au final, j’ai beaucoup apprécié ce meeting. Non seulement les interventions y étaient intéressantes, mais l’organisation était aussi au top, ce qui a permis de mettre tout le monde dans les meilleures dispositions.Un grand merci aux organisateurs, donc. Je vous mets en lien la société qui a mis en place ce meeting à Bilbao, si vous projetez de monter une manifestation. Ils sont spécialisé dans l’organisation de séminaire en Espagne.

Pékin veut des moteurs chinois pour ses avions

La Chine veut devenir la troisième puissance mondiale dans l’aéronautique derrière l’Europe et les Etats-Unis. Pékin a ainsi annoncé, dimanche 28 août, la mise en œuvre d’Aero Engine Corporation of China (AECC). Une nouvelle entité qui rassemble plusieurs sociétés étatiques jusqu’ici dispersées afin de créer un champion de l’aéronautique. Un spécialiste des moteurs. En fait, pointe un professionnel bon connaisseur de l’aéronautique chinoise, le lancement d’AECC n’est pas une nouveauté. Selon lui, le nouveau motoriste a été créé il y a déjà quelques temps mais il vient juste d’obtenir sa « business licence ». Indispensable pour démarrer son activité.

Lire aussi : Les grandes ambitions de l’avionneur chinois Comac

Avec AECC, Pékin crée « un General Electric ou un Safran chinois », pointe notre spécialiste. L’américain et le français sont les deux principaux motoristes mondiaux avec le britannique Rolls-Royce et l’autre américain Pratt & Whitney. Pour preuve de cette volonté de montée en puissance, le président chinois Xi Jinping a qualifié le lancement d’AECC de « mouvement stratégique ».

L’objectif de Pékin est de « s’organiser pour concentrer les financements et le management afin de produire d’abord des moteurs militaires ». Une première étape obligatoire avant de passer à l’aviation commerciale car « préparer le militaire c’est préparer le civil », indique le professionnel du secteur. Aujourd’hui, la Chine est un nain dans le domaine des moteurs. Sa seule production, fondée sur des dérivés de moteurs russes, est uniquement destinée à son aviation militaire. « Il n’y a rien pour l’aviation commerciale », commente un spécialiste car « le moteur est la partie la plus difficile à faire dans un avion ». C’est aussi la plus chère et l’une des plus rentables : au moins 15 % du prix d’un appareil et l’on considère qu’un moteur rapporte au moins deux fois son prix de vente à son fabricant pendant toute sa durée d’exploitation.

La Chine est loin de rattraper son retard

La création d’AECC est le deuxième mouvement de la Chine pour devenir à long terme un poids lourd de l’aéronautique mondiale. Avant de s’intéresser aux moteurs, Pékin avait déjà créé Comac destiné à être son champion dans le secteur des constructeurs d’avions. Un futur rival pour Airbus et Boeing. En pratique, la Chine a complètement changé son fusil d’épaule ces dernières années. Elle a démantelé AVIC, une société étatique géante qui regroupait tous les métiers de l’aéronautique, de la construction d’avions jusqu’à la production de moteurs. Cette entité tentaculaire s’est révélée trop grosse, trop lourde à manœuvrer. Désormais, Pékin a choisi de copier le modèle, notamment européen. Comac se veut ainsi l’Airbus chinois tandis qu’AECC se lance sur les traces Safran. Pour ses débuts, le motoriste rassemble près de 100 000 salariés et est doté d’un capital d’environ 6,7 milliards d’euros.

Cette démarche a déjà commencé à porter ses fruits. L’avion régional AR21 sorti des chaînes de Comac « vole trois fois par semaine », reconnaît le spécialiste du secteur. Mieux, le C919, un moyen-courrier, futur concurrent de l’Airbus A320 et du Boeing 737, « avance vite » malgré ses deux ans de retard. Chez Comac, les équipes travaillent « jour et nuit pour assurer le premier vol du C919 avant la fin de 2016 ». Contrairement aux idées reçues, les avions chinois, produits par Comac, seraient « technologiquement très équivalents à l’A320 Neo et aux 737 Max », les derniers-nés des moyen-courriers d’Airbus et de Boeing. En revanche, faute d’expérience, leur fiabilité, leur taux de pannes, sont bien moins bons que ceux des productions américaines ou européennes. Trop mauvais pour intéresser les compagnies aériennes. Notamment les low cost qui ont fait de leur ponctualité un élément clef de leur business modèle.

La Chine est très loin de rattraper son retard. Airbus et Boeing n’ont pas à s’inquiéter. Dans ses projections les plus folles, Comac vise « 30 % » du marché chinois d’ici vingt ans. Mais « Comac deviendra le troisième constructeur mondial derrière Airbus et Boeing. C’est inévitable », prévoit un professionnel. A cette échéance, toutefois, la Chine devrait toujours avoir un avion de retard car d’ici là « Airbus et Boeing ne vont pas s’endormir sur leurs lauriers ». Côté moteurs, où Pékin a vingt ans de retard, la montée en puissance sera encore plus lente. Pas avant 20 à 30 ans, espère-t-on chez les motoristes. Ces derniers prennent d’ailleurs bien soin de ne pas effectuer de transferts de technologies pour ne pas accélérer le mouvement. Safran, dont le moteur Leap équipe aussi le C919, fabrique des composants en Chine, mais n’y produit « aucune partie sensible ni high-tech ».

Lire aussi : La Chine investit massivement dans la construction de métros

Crise du lait : « grosse mobilisation » nationale pour faire plier Lactalis

Des producteurs de lait lors d’une action dans un supermarché, à Louvroil (Nord), le 27 août.

Les syndicats agricoles ont décidé, dimanche 28 août, d’accentuer la pression sur le groupe laitier Lactalis. « Après la déception de vendredi, une grosse mobilisation est en préparation dans l’ensemble des régions », a déclaré Xavier Beulin, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), s’exprimant aussi au nom de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et des Jeunes agriculteurs (JA). Tous tentent de forcer le géant laitier à remonter ses prix d’achat.

Quelques heures plus tôt, les trois organisations avaient annoncé dans un communiqué le lancement, lundi, d’« un mot d’ordre national pour aboutir à un accord avec Lactalis ». Une nouvelle réunion téléphonique doit avoir lieu à midi « pour acter les différents rassemblements et sites qui feront l’objet d’actions », a détaillé M. Beulin.

Celles-ci pourraient notamment se traduire par des manifestations autour de différents sites de production de Lactalis, et elles devraient débuter en fin de journée. Toutefois, certains producteurs ont décidé sans attendre d’aller faire des opérations de « stickage » – elles consistent à placer desautocollants sur des laitages produits par Lactalis – dans certains points de vente et d’aller à la rencontre des consommateurs.

« Relation moyenâgeuse »

« Nous sommes très déçus du comportement de Lactalis, qui se dit prêt à participer aux négociations, mais qui à côté de ça ne propose que des prix dérisoires », au regard des moyens dont il dispose, avait déclaré, dimanche, la numéro deux de la FNSEA, Christiane Lambert.

Les agriculteurs « se sont sentis humiliés par tant d’arrogance » et « meurtris par cette incapacité du groupe à sortir d’une relation moyenâgeuse entre un seigneur et ses serfs », ajoutait un communiqué commun des syndicats agricoles. « Lactalis devra plier ou alors ça lui coûtera très cher », a pour sa part averti Philippe Jéhan, président de la FDSEA-Mayenne.

En élargissant le combat à l’ensemble du pays, les producteurs de lait cherchent à augmenter la pression sur Lactalis ; l’entreprise est restée silencieuse depuis vendredi. Depuis « personne n’a eu le moindre contact avec eux ou n’a de nouvelles de leur part », a indiqué M. Beulin se déclarant « à la disposition » du groupe laitier « pour entamer de nouvelles négociations ».

Une augmentation de 15 euros la tonne

Le groupe laitier a proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros. Cette proposition a été perçue comme un camouflet par les agriculteurs, qui estiment leur coût de production à 300-320 euros au minimum la tonne.

Le médiateur du gouvernement avait lui fait une proposition à 280 euros la tonne, ce qui n’a pas été accepté par les producteurs. Ce chiffre de 280 euros correspond au prix pour les cinq derniers mois de l’année, ce qui sur l’année revient à rémunérer 272 ou 271 euros la tonne, a expliqué, dimanche, Sébastien Amand, vice-président de l’Organisation de producteurs Normandie Centre.

Détails des dépenses pour produire 1000 litres de lait
Les charges pour l’alimentation des vaches constituent la plus grande part des coûts des producteurs de lait
Source : LE MONDE

Or « pour ramener de la rentabilité, il faudrait 340 » euros la tonne, selon Pascal Clément, président de la section laitière de la FRSEA du Grand Ouest. Lactalis achète actuellement le lait à 256,90 euros la tonne, bien en dessous du prix payé par d’autres transformateurs comme Laïta et la société Silav (290 euros la tonne) ou la laiterie Saint-Père, filiale d’Intermarché (300 euros les 1 000 litres).

Le gouvernement impuissant

Un producteur sur cinq en France travaille pour Lactalis, soit 20 % de la collecte française, ou 5 milliards de litres de lait collectés sur un total de 25 milliards produits annuellement.

Deux rounds de négociations menés avec Lactalis la semaine dernière se sont soldés par un échec et aucune nouvelle date de négociation n’est actuellement prévue.

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a estimé pour sa part que Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, ne pouvait « pas payer le prix le plus bas en France », tout en reconnaissant que le gouvernement ne disposait d’aucun moyen pour forcer ce dernier à remonter ses prix.

Samedi caniculaire classé rouge sur les routes

Le Monde | 27.08.2016 à 15h24

Les principales difficultés de circulation se situaient samedi 27 août sur l’A7 en Vallée du Rhône mais aussi sur l’A10 entre Saintes et Tours.

Bison Futé a comptabilisé jusqu’à 470 kilomètres de bouchons samedi 27 août pour les derniers grands retours de vacances. Le pic de circulation a été franchi à 12 h 15 pour cette journée classée rouge dans le sens des retours, et verte dans le sens des départs.

Les principales difficultés se concentraient comme d’habitude sur l’A7 en vallée du Rhône, mais aussi sur l’A10 entre Saintes (Charentes-Maritimes) et Tours, et sur l’A63 au sud de Bordeaux. Dans une moindre mesure, des difficultés étaient enregistrées aussi sur l’A8 vers Aix-en-Provence ou sur l’A9 au niveau de Montpellier. La circulation devait refluer dans l’après-midi.

Entre 32 et 36 °C dans la plupart des régions

Cette année, ces retours s’effectuent dans une chaleur étouffante : 43 départements sont toujours en alerte canicule samedi, dans le Sud-Ouest, le bassin parisien, le Grand Est et en région lyonnaise. Les températures atteindront 32 à 36 degrés dans la plupart des régions, 21 à 26 degrés sur la pointe bretonne et les côtes de la Manche, 26 à 32 sur les plages de l’océan et de la Méditerranée. La vague de chaleur qui touche le pays devrait prendre fin dimanche, avec des orages et averses rafraîchissants.

Sur l’autoroute, des messages de prévention étaient diffusés sur les panneaux lumineux et sur les radios d’autoroute incitant les conducteurs à s’hydrater et à s’arrêter fréquemment pour se reposer. Des prospectus de prévention sur les effets de la canicule étaient par ailleurs à disposition sur les aires de service, selon le ministère de la santé.

Crise du lait : reprise des négociations après une offre qui ne satisfait pas les producteurs

Des producteurs de lait bloquent l’usine Lactalis près de Laval depuis lundi 22 août.

Une nouvelle rencontre a débuté vendredi 26 août au soir, à Laval, la préfecture de la Mayenne, entre les organisations de producteurs de lait et Lactalis. L’objectif est de tenter de trouver une sortie de crise au conflit sur le prix qui oppose le géant du lait aux producteurs français. Les négociations entamées jeudi à la Maison du lait à Paris avait échoué malgré onze heures de discussions.

« Ce qu’on attend, c’est […] un accord qui permettrait de mieux vivre cette situation de crise que nous subissons aujourd’hui et de mieux appréhender l’avenir, a déclaré avant d’entrer en négociation Sébastien Amand, vice-président de l’Organisation de producteurs Normandie-Centre (OPNC). Si on est là c’est qu’on a un espoir. »

Cette réunion sera « sur le même format que la réunion parisienne, mais sans le médiateur » des relations commerciales agricoles, Francis Amand, qui était présent à Paris, a indiqué la préfecture.

« L’offre peut être largement améliorée »

Le groupe Lactalis a annoncé vendredi matin une hausse du prix du lait de 15 euros au 1er septembre, soit environ 271 euros la tonne. Un pas en avant jugé insuffisant par les organisations syndicales, qui poursuivent leur blocus, entamé lundi soir, de l’usine de Lactalis près de Laval. Des tours de garde sont d’ores et déjà prévus jusqu’à lundi.

« Il est clair que l’offre peut être largement améliorée », a déclaré à l’AFP Pascal Clément, président de la section laitière de la Fédération régionale des syndicats agricoles (FRSEA) du Grand Ouest. Pour Franck Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan, « le prix doit être au-dessus de 300 euros pour la fin de l’année ».

« Nous avons eu des interlocuteurs qui ne voulaient pas négocier hier, a commenté le porte-parole du groupe Lactalis, Michel Nalet, vendredi matin. J’espère qu’on va fairebouger les lignes. »

Assignation à comparaître

Vendredi midi, une quarantaine d’agriculteurs continuaient d’occuper le giratoire donnant accès à l’usine, rebaptisé le rond-point de la « honte du lait ». Selon le président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jéhan, les fédérations régionales de Normandie, Bretagne et Pays de la Loire ont par ailleurs reçu dans la matinée une assignation à comparaître vendredi devant le tribunal de Laval. L’examen de cette assignation était toujours en cours en début de soirée.

A l’issue des premières négociations, le médiateur avait précisé qu’il avait fait une « proposition de la dernière chance à 280 euros les 1 000 litres » pour les cinq derniers mois de 2016 par rapport à un prix actuel d’environ 257 euros, ce qui portait l’augmentation à 23 euros, une offre qu’avait acceptée Lactalis, mais refusée par les représentants des producteurs.

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a déclaré qu’il présentera mardi le plan français de régulation de la production laitière. La Commission européenne avait annoncé le 18 juillet une enveloppe de 500 millions d’euros pour soutenirle monde agricole, dont 150 millions pour inciter à réduire la production de lait.

Les premiers taxis sans chauffeur roulent à Singapour

Le Monde | 25.08.2016 à 17h20 |Par Éric Béziat (avec AFP)

Les premiers taxis sans chauffeur ont commencé à circuler jeudi 25 août, à Singapour.

Uber et Google en rêvaient, nuTonomy l’a fait. Les premiers taxis sans chauffeur ont commencé à circuler jeudi 25 août, à Singapour, lors d’un essai dans une zone limitée, ce qui constitue une première mondiale et une avancée importante dans la course au transport de personnes par véhicule autonome.

Les six taxis – des voitures électriques Renault Zoe et Mitsubishi i-MiEV – roulent dans un espace de quatre kilomètres carrés, avec des endroits désignés pour prendre et déposer des passagers. Les courses doivent être réservées sur un smartphone via l’application de cette société américaine fondée par deux ingénieurs, spécialistes en robotique, anciens du MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Sous contrôle d’un ingénieur

Ainsi, le patron et cofondateur de la start-up, Karl Iagnemma, a déclaré :

« L’essai représente une opportunité extraordinaire pour recueillir des avis de passagers dans un environnement réel. Ces avis vont donner un avantage unique à nuTonomy, dans la mesure où nous préparons le déploiement d’une flotte de véhicules autonomes en 2018. »

Si la conduite de ces voitures high-tech se fait de manière autonome, un ingénieur de nuTonomy se trouve cependant à bord pour chaque course, afin d’observer le fonctionnement du véhicule et de pouvoirintervenir en cas de problème, a précisé la société.

L’éclairage: Le marché automobile accélère sa révolution

Vital pour Uber

D’autres initiatives dans cette nouvelle technologie sont annoncées. Le service américain de réservation de véhicules par téléphone mobile Uber avait ainsi indiqué la semaine dernière qu’il mettrait en service des voitures sans conducteur dans la ville américaine de Pittsburgh (Pennsylvanie) d’ici à la fin août. Son concurrent Lyft s’est de son côté associé à General Motors afin de créer en commun une voiture sans conducteur.

Lire aussi : A Pittsburgh, Uber va proposer des taxis sans chauffeur à ses clients

Cette technologie est vitale pour ces sociétés de taxi par Internet. Uber est confronté au risque de devoirréintégrer en tant que salariés tous ses chauffeurs, aux Etats-Unis comme en Europe, ce qui menacerait son existence même.

De son côté, la société Alphabet, maison mère de Google, avait annoncé en mai un partenariat avec le constructeur automobile Fiat Chrysler pour développer sa flotte de voitures autonomes, qu’elle espère mettre en service d’ici à fin 2016.

  • Éric Béziat (avec AFP)

    Journaliste au Monde

Fin des travaux d’été et reprise du trafic sur le RER A

Le Monde | 22.08.2016 à 17h19

Le RER A renouvelle son tronçon central jusqu’en 2021.

La circulation des trains a repris lundi 22 août sur le tronçon central du RER A, coupé depuis un mois entre les stations la Défense et Nation pour renouveler 5,2 kilomètres de voies, soit « près d’un kilomètre de plus que l’objectif fixé », a annoncé la RATP.

Lire aussi : Une partie du RER A à nouveau partiellement fermée cet été

Le chantier a mobilisé 400 personnes qui se relayaient nuit et jour dans le tunnel de la ligne la plus fréquentée d’Europe, qui transporte 1,2 million de voyageurs par jour.

Des fermetures programmées en 2017 et 2018

La RATP prévoit de renouveler l’ensemble des voies du tronçon central de cette ligne A, soit 24 km (12 km dans chaque sens) avant 2021. Le bilan, meilleur que prévu cette année, rattrape le retard constaté en 2015 : la première étape des travaux n’avait permis de remplacer que 3 km de voies sur les 4,3 km annoncés.

De nouvelles fermetures estivales sont d’ores et déjà programmées en 2017 et 2018, les travaux devant se poursuivre en nocturne jusqu’en 2021 pour accompagner la généralisation des nouvelles rames à étage, plus lourdes et plus puissantes.

Pour l’heure, la circulation est revenue à la normale, avec ses perturbations ordinaires : une personne sur les voies et une panne de caténaire lundi matin, selon le compte Twitter du RER A.

Lire : RER A : « Trois heures pour rentrer chez moi »