Archives mensuelles : juillet 2015

Jane Birkin demande à Hermès de débaptiser un sac en crocodile à son nom

Le Monde | 29.07.2015 à 09h04 • Mis à jour le29.07.2015 à 09h17

Choquée par les mauvais traitements infligés aux animaux lors de l’abattage, la chanteuse ne veut plus que son nom soit associé au sac vedette de la marque de luxe.

Le sac Birkin en cuir de crocodile est l'un des modèles phares de la marque Hermès.

Jane Birkin a demandé mardi 28 juillet à la maison Hermès de débaptiser le sac en crocodile qui porte son nom depuis 1984. La chanteuse entend protester ainsi contre les mauvais traitements infligés aux animaux lors de l’abattage.

« Ayant été alertée par les pratiques cruelles réservées aux crocodiles au cours de leur abattage pour la production des sacs Hermès portant mon nom (…), j’ai demandé à la Maison Hermès de débaptiser le Birkin Croco jusqu’à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales puissent être mises en place pour la fabrication de ce sac », a-t-elle écrit dans un communiqué.

Une récente vidéo diffusée par l’association People of the Ethical Treatment of Animals (PETA) montre comment les crocodiles sont dépecés à la scie dans une ferme d’élevage du Texas. Hermès dit avoir été « choqué par les images », mais a fait savoir que les peaux fournies par cette ferme n’étaient pas utilisées pour la fabrication des sacs Birkin. La marque a également annoncé qu’une enquête était en cours dans la ferme incriminée. Hermès ajoute imposer à ses partenaires « les plus hauts standards dans le traitement éthique des crocodiles » et organiser depuis dix ans des visites de contrôle chez ses fournisseurs.

Le « Birkin » est l’un des sacs les plus recherchés de la marque et se vend sur listes d’attente. Son prix oscille entre 6 000 euros et plus de 20 000 euros pour les versions en peaux exotiques, mais les sacs se vendent parfois plus cher sur le marché de l’occasion car ils sont immédiatement disponibles.

Lire aussi : LVMH et Hermès, éleveurs de crocodiles

A Strasbourg

Il y a quelques jours, j’ai participé à un colloque à Strasbourg qui m’a donné envie de vous faire part de mes méditations et parler ici, non de ce colloque en particulier, mais de ces événements en général. Je suis habitué aux colloques, et j’en ai suivi au cours de ma carrière un si grand nombre que j’ai oublié la plupart d’entre eux. Et s’il n’entre pas dans mon intention de remettre en question les bienfaits théoriques de ces événements, j’ai quand même pu m’apercevoir de deux inconvénients qui reviennent régulièrement au fil des années. Les commanditaires gagneraient sans doute à les résoudre, car ceux-ci ont tendance à retirer tout bénéfices à ces événements. Le plus fréquent concerne le fait de perdre de vue le dessein originel. Au fil des ans, ce genre d’événement est en effet devenu une coutume si machinale dans le monde du travail que les managers en viennent à oublier son sens premier. Ces derniers font donc preuve d’ingéniosité pour dégoter le meilleur thème, soumettre des destinations incroyables ou choisir des activités hautement originales. Mais tous ces détails organisationnels leur font oublier le véritable but de ces rassemblements entre collaborateurs. Parce qu’à l’origine, il est peut-être essentiel de rappeler que les colloques visaient à soutenir la cohésion de groupe, en regroupant tous les participants dans un cadre détente, et ce dans une ambiance qui les rendrait plus réceptifs aux messages de la direction. Autre problème, qui est une faute de choix (qui a tendance à m’énerver, personnellement) : celle qui consiste à organiser un séminaire de travail dans un cadre exotique. Une erreur qui a de quoi rendre fou. Les patrons devraient s’abstenir à tout prix d’organiser des colloques à l’étranger où l’on ne fait que travailler. Car, vous pouvez me croire, cela occasionne pas mal de rancoeur et d’incompréhension de la part des collaborateurs, qui se demandent pourquoi on leur a fait prendre l’avion pour les cloîtrer dans une salle de réunion du matin au soir ! Oui, vous l’aurez compris : ça m’est arrivé pas mal de fois, et ça m’a à chaque fois fait grincer des dents. Heureusement, il n’y a pas que du mauvais, et certains colloques se passent sans anicroche. La preuve : mon séminaire à Strasbourg était de ceux-là. Suivez le lien pour plus d’infos.

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Le prochain directeur du FMI ne sera peut-être pas européen

Le Monde |

Le siège du FMI à Washington, le 5 juillet 2015.

La tradition qui veut que les Européens dirigent le Fonds monétaire international (FMI) et les Américains la Banque mondiale (BM) est-elle sur le point de disparaître ? C’est en tout cas ce que souhaite l’actuel numéro 2 du FMI, l’Américain David Lipton.

Dans un entretien à la BBC, le directeur général adjoint de l’institution a plaidé pour que le ou la successeur(e) de la Française Christine Lagarde soit nommé(e) « strictement au mérite », et non en fonction de son origine géographique. « Avec des candidats venant du monde entier », il a estimé « beaucoup plus probable […] que cela ne l’a jamais été » que le prochain patron du fonds soit issu d’un pays non européen. « Il y a de plus en plus de personnes parfaitement qualifiées venant d’ailleurs que d’Europe et des Etats-Unis et je crois que le fait qu’il y ait eu une telle focalisation sur la crise aux Etats-Unis au début de la crise financière mondiale et sur l’Europe va déboucher sur le sentiment qu’il doit y avoir un éventail de choix plus large pour la fonction de directeur. »

Depuis sa création, en 1944, le FMI a été tour à tour dirigé par cinq Français, deux Allemands, deux Suédois, un Néerlandais et un Espagnol. Un « incroyable anachronisme », selon l’ancien chef économiste du FMI Kenneth Rogoff, également invité par la BBC.

Christine Lagarde a pris la tête du FMI en 2011 après la démission de Dominique Strauss-Kahn à la suite de l’affaire du Sofitel de New York. Son mandat de cinq ans arrive à son terme à la fin de l’an prochain mais elle fait savoir en juin qu’elle pourrait envisager un deuxième mandat si elle a le soutien des membres du FMI.

Lire aussi : Un nouveau « chef économiste » pour le FMI

Le dernier cauchemar de Microsoft est téléphonique

Si vous avez la migraine, il est plus prudent de cesser de vous cogner la tête contre les murs. C’est ce que Satya Nadella, directeur général de Microsoft, a fait cette semaine quand il a réduit la division téléphones mobiles de son entreprise, annulant la quasi-totalité des 7,9 milliards de dollars (déduction faite de la trésorerie) que Microsoft avait payés pour la téléphonie de Nokia il y a seulement 15 mois.

Toutefois, le virage stratégique de Microsoft semble incomplet, même en tenant compte d’autres améliorations récentes. M. Nadella a réduit la douleur mais il reste encore beaucoup à faire, et c’est la faute de son prédécesseur Steve Ballmer.

La principale justification de l’ancien CEO pour l’achat de Nokia mobile semblait uniquement être : “pourquoi pas ?”. Il se trouve que ce n’est pas une base pour une réflexion stratégique solide. Concurrencer Apple au niveau des smartphones haut de gamme et de l’ensemble de l’écosystème Android était risqué.

Il est de notoriété publique que les deux plus grandes acquisitions de Microsoft – et, maintenant, ses deux plus grands échecs – sont des tentatives ratées de M. Ballmer, qui voulait rattraper Apple et Google. Dans le secteur de la publicité numérique, l’achat pour 6,3 milliards de dollars d’aQuantive a été suivi par une dépréciation de valeur de 6,2 milliards de dollars en 2012. Les restes de l’entreprise publicitaire ont été versés à AOL le mois dernier. Une société a rarement admis un échec aussi brutal à deux reprises.

Les catastrophes sont révélatrices. Pour le meilleur ou le pire, la fortune d’Apple repose essentiellement sur la vente de matériels, tandis que Google est presque entièrement financé par la publicité. Microsoft a visiblement échoué sur ces deux plans.

“Les catastrophes sont révélatrices. Pour le meilleur ou le pire, la fortune d’Apple repose essentiellement sur la vente de matériels, tandis que Google est presque entièrement financé par la publicité. Microsoft a visiblement échoué sur ces deux plans”

C’est ici que le ménage de M. Nadella semble incomplet. Du côté de la console de jeu Xbox, il dispose d’une entreprise géante qui ne fait pas beaucoup avancer les bénéfices ou la stratégie de Microsoft. Le moteur de recherche Bing, financé par la publicité, a également beaucoup contribué aux mauvais chiffres, bien que le patron de Microsoft promette qu’il sera bientôt rentable.

En s’attelant au problème le plus urgent (Nokia), M. Nadella a supprimé quelques éléments perturbateurs afin de se concentrer sur l’essentiel. Les revenus de Microsoft – la vente de licences de logiciels – sont menacés à long terme à cause d’Internet. La consolidation des revenus sur les licences existantes, en les complétant avec de nouveaux services par abonnement, est le sujet qui requiert toute son attention.

Un lancement réussi de Windows 10 ce mois-ci est essentiel pour atteindre le premier de ces objectifs. Nous sommes peut-être dans l’ère post-PC, mais il constituera pour des années encore – en particulier dans le monde de l’entreprise – une plateforme importante, et la base de Microsoft.

Après la tentative désastreuse de fusionner PC et tablettes sous Windows 8, Microsoft semble sur la bonne voie pour faire des progrès avec une version du système d’exploitation qui n’oblige plus les utilisateurs à des compromis inconfortables.

Avec une présence quasi-inexistante sur les smartphones, le nouveau Windows ne sera pas en mesure de répondre à certaines des principales exigences d’un système d’exploitation moderne :

permettre aux utilisateurs de naviguer sur plusieurs écrans avec une unique plateforme fonctionnant sur plusieurs appareils. Mais M. Nadella doit faire avec ce qu’il a, et le mieux qu’il puisse faire consiste en une approche multiplateforme qui tente d’étendre la portée des services de Microsoft (ainsi que ceux des promoteurs qui utilisent l’écosystème Windows) sur iOS ainsi qu’Android, avec les dispositifs Windows.

Le choix des services dans lesquels il investira constitue un test d’orientation stratégique. En effectuant l’achat déroutant de Minecraft, sa première acquisition significative, il a envoyé des signaux contradictoires. Posséder un jeu qui est populaire sur les plateformes mobiles Microsoft offre un moyen d’atteindre les mondes d’iPhone et d’Android ; mais à part s’en servir pour vendre des services supplémentaires, on ne voit pas les bénéfices pour l’entreprise. Minecraft semble éloigné de la base “productive” des services de Microsoft, comme Office.

“Microsoft ne gagne que 74 dollars sur chaque PC d’entreprise utilisant sa technologie, comparé aux 833 dollars par PC pour Salesforce et 202 dollars pour Adobe”

La véritable promesse semble résider au sein de l’entreprise. Selon Morgan Stanley, Microsoft ne gagne que 74 dollars sur chaque PC d’entreprise utilisant sa technologie, comparé aux 833 dollars par PC pour Salesforce et 202 dollars pour Adobe. Voilà qui donne une indication de l’énorme potentiel d’enrichissement de l’offre qu’il possède.

En actionnant le couperet sur l’unité Nokia, M. Nadella a réduit à la fois sa propre douleur et celles des actionnaires de Microsoft. Mais il y a encore beaucoup à faire pour prouver qu’il a vraiment abandonné la tendance de son entreprise à tout faire pour satisfaire tout le monde.