Archives mensuelles : novembre 2015

Les Français plus généreux en 2014, surtout les jeunes

Le Monde | 26.11.2015 à 18h08 |Par Frédéric Cazenave

Evolution du montant des dons déclarés
en millions d’euros
Source : Direction générale des finances publiques – Recherches et solidarités

Les Français ont effectué davantage de dons en 2014 et pour la première fois, les actifs imposables de moins de 30 ans ont plus donné que les plus de 70 ans, en proportion de leurs revenus, selon une étude publiée par l’association Recherches et solidarités avec l’Institut des dirigeants d’associations et fondations (Idaf).

L’an dernier 5,5 millions de foyers donateurs ont déclaré à l’administration fiscale 2,4 milliards d’euros (+ 7,2 % de plus que l’année précédente).

Lire aussi : Soyez généreux, le fisc vous le rendra

« À ce chiffre s’ajoutent les dons non déclarés, ceux réalisés par les personnes non imposables et ceux qui ne donnent pas lieu à un reçu fiscal. À l’arrivée nous évaluons le total des dons à un montant compris entre 4,2 et 4,4 milliards d’euros en 2014 », explique Jacques Malet, le président de l’association.

L’étude note que si de nombreux donateurs modestes ne peuvent plus poursuivre leur soutien financier, ceux qui en ont les moyens prennent le relais et donnent plus : le don annuel moyen déclaré des foyers imposables a ainsi augmenté de 6,5 % à près de 440 euros.

Fait marquant, les moins de 30 ans ont donné 1,8 % de ce qu’ils ont gagné (avec un don moyen annuel déclaré de 395 euros). Soit bien davantage que la moyenne nationale de 1,1 %.

Des jeunes particulièrement généreux
Montant du don moyen rapporté au revenu moyen des foyers imposables
Source : Direction générale des finances publiques – Recherches et solidarités

Les auteurs de l’étude y voient « l’heureux effet du don en ligne et du numérique en général, pour assurer la relève », même si les moins de 30 ans ne représentent que 4 % des foyers fiscaux qui déclarent un don.

Répartition des donateurs par âge
en 2014
Source : Direction générale des finances publiques – Recherches et solidarités

 

Lire aussi : Les 1 001 façons de s’engager

  •  Frédéric Cazenave

    Journaliste au Monde
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La CGT, une entreprise qui n’applique pas les revendications… de la CGT

La CGT est aussi une entreprise. Elle emploie à son siège de Montreuil (Seine-Saint-Denis) entre 80 et 90 salariés en CDI auxquels s’ajoutent quelques CDD, des stagiaires et des contrats d’apprentissage. Le 17 novembre, une assemblée générale est organisée pour discuter du projet d’accord d’entreprise entre l’administration de la CGT et le syndicat CGT du personnel de la confédération. Rien que de très banal dans une entreprise (presque) comme les autres. Sauf que la CGT qui dénonce haut et fort les accords dérogatoires au code du travail a introduit dans ce projet une clause… dérogatoire.

Cet accord relatif aux conditions de travail et à la gestion des personnels techniques et administratifs de la confédération est destiné à se substituer à celui du 15 novembre 2005 afin de « tenir compte des évolutions législatives et réglementaires« . Sur les conditions d’embauche, de rupture en cours de période d’essai, de rupture de contrat de travail à durée indéterminée, il s’inscrit dans un registre très classique à toute entreprise. Il est précisé, loin de la revendication de la CGT d’accorder au comité d’entreprise un droit de veto sur les licenciements, que « toute rupture conventionnelle ne peut être conclue sans l’avis consultatif des élus du comité d’entreprise ».

Règlement intérieur et « règles de savoir-vivre »

La durée du travail est de 35 heures hebdomadaires. Mais elle « est organisée sous la forme de semaines de 35 h 45 de travail effectif compensée par l’octroi de 6 jours de RTT« .  Dans cet article 3 du projet, il est cependant précisé qu' »un horaire dérogatoire peut être imposépour certains postes sous réserve de précision sur le profil de poste ». Se fondant sur la jurisprudence de la Cour de cassation, « dans tous les cas, il est rappelé que les horaires ne sont pas contractualisés et que les nécessités de l’activité pourront conduire à la modification des horaires sans que cela constitue une modification du contrat detravail« . Il est aussi indiqué qu' »une astreinte s’entend comme étant une période pendant laquelle le personnel a l’obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d’être en mesure d’intervenir pour effectuer un travail au service de la confédération« . L’accord proposé fera l’objet d’un réexamen tous les deux ans.

Lors d’une réunion plénière du comité d’entreprise de la CGT, le 17 septembre, la direction a annoncé l’engagement d’une « réflexion sur une évolution de la grille salariale de la Confédération. Cette grille devra reposer sur une définition des emplois, permettant l’élaboration d’une grille de classification et d’un système dynamique d’évolution ».  A cette occasion l’administration a aussi rappelé « quelques règles de savoir vivre » au sujet des absences et des retards. A propos de ces derniers, le règlement intérieur précise que « tout retard doit être justifié auprès de l’animateur d’espace ou du responsable du département. Des retards successifs sans motif valable peuvent entraîner des sanctions ». Dorénavant, a indiqué l’administration, « sauf en cas de force majeure, chaque salarié ne respectant pas ces simples règles de savoir vivre recevra une lettre de rappel au règlement puis un avertissement écrit si les faits venaient à se répéter ».

« Grand pas en arrière »

Lors de cette même réunion , les élus du syndicats des personnels CGT ont revendiqué « la présence des représentants des salariés au conseil d’administration de l’Association foncière urbaine libre » (Aful), l’organisme qui gère l’immeuble de la CGT à Montreuil (maintenance, chauffage, sécurité, accueil, location d’espaces). « La réponse donnée, ont-ils affirmé, est que ce n’est pas prévu dans les statuts. C’est une pirouette sémantique qui est indigne de dirigeants de la CGT. Partout, nous, la CGT, clamons de la nécessité d’associer les salariés aux décisions qui les concernent, mais c’est chez nous que les salariés sont infantilisés et leurs représentants méprisés. Les statuts peuvent être changés dans une dynamique de transparence et de progrès social. A la CGT, nous avons droit à l’exemplarité, nous devons mettre en pratique nos revendications ! »

L’administration de la CGT a aussi informé les élus du CE que « dorénavant elle ne fournira plus les niveaux de rémunération à l’embauche, ni le nombre de personnel ayant bénéficiéd’une augmentation individuelle« , ces informations étant renvoyées au « rapportunique annuel« . Le CE a « protesté énergiquement contre cette décision de la direction, qui jette de facto toutes les garanties de transparence et d’information qu’elle avait prises lorsdes affaires qui avaient secoué la Confédération [c’est-à-dire celles qui avaient mis en cause le secrétaire général Thierry Lepaon, acculé à la démission]. Cela ouvre la porte à toutes sortes de spéculations, comme une tentative de favoritisme, de mise en opposition des salariés… On a l’impression de faire un grand pas en arrière et de retomber dans des travers inadmissibles d’une époque que l’on pouvait espérer révolue. »

La CGT, une entreprise comme les autres?

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La Lufthansa en grève, 520 vols annulés et 58 000 passagers affectés

Le Monde | 07.11.2015 à 17h28

La cessation de travail par le personnel de cabine, pour des questions salariales principalement, concerne majoritairement des vols courts et moyen-courriers.

La grève du personnel de cabine de la Lufthansa s’est poursuivie samedi 7 novembre dans les aéroports de Francfort et Düsseldorf, avec 520 vols courts et moyen-courriers annulés et environ 58 000 passagers affectés, selon la compagnie aérienne allemande. Les vols longue distance ont été maintenus, à l’exception d’une liaison Düsseldorf-Newark (New Jersey).

Environ 1 600 chambres d’hôtel ont été réservées par le groupe pour la nuit de vendredi à samedi, principalement à Francfort, afin d’héberger ses passagers en déroute, tandis qu’une cinquantaine de voyageurs ont dû passer la nuit en zone de transit, faute de visa les autorisant à entrer sur le territoire allemand, a précisé une porte-parole de la compagnie. Les aéroports de Francfort et Düsseldorf, respectivement numéro un et numéro trois en Allemagne, sont touchés par une grève d’une durée de 17 heures, de 6 heures à 23 heures.

Il s’agit du deuxième jour d’une grève prévue pour durer jusqu’au 13 novembre – avec des pauses –, puisque le syndicat du personnel de cabine UFO a annoncé sa suspension dimanche, « la plupart des voyages ayant un caractère privé ce jour-là ».

Les négociations entre le transporteur aérien et les délégués du personnel navigant, entamées en décembre 2013, portent sur des questions de salaire, mais aussi sur la protection contre les licenciements ou encore les retraites et les départs en préretraites, définis par conventions collectives.