Archives mensuelles : décembre 2015

Lobbying à la française

Lobbying : tout le choc des cultures se trouve dans l’expression du concept puisque si la langue française, pour les acteurs du lobbying, utilise le terme « groupe de pression », elle conserve pour l’activité, à défaut de lui trouver un équivalent culturel, l’expression anglo-saxonne « lobbying ». Pouvoir des couloirs de la Commission, influence (souvent liée au trafic) ou pression permettant de faire primer l’intérêt privé d’une entreprise ou d’une corporation, compromis, connivence, faveur, privilège, dessous de table : le lobbying en France a décidément mauvaise presse tant dans l’opinion que dans les entreprises si bien que peu d’entreprises françaises, comparativement aux entreprises étrangères, pratiquent le lobbying. D’ailleurs la réputation française en matière de lobbying est plutôt décevante puisqu’à ce jeu, les Néerlandais et les Britanniques seraient des virtuoses, les Irlandais seraient excellents, les Allemands efficaces et les Français, légers et en retard. Il est ainsi avancé que deux défauts des Français expliquent leur si mauvaise note en matière de lobbying : le fait qu’ils attendent la dernière minute pour intervenir, plutôt que d’anticiper, le fait qu’ils sont dogmatiques et de démarche trop abstraite par opposition à leurs concurrents britanniques. Pour autant le réflexe du lobbying n’est pas exclu des pratiques françaises, simplement, la démarche serait plus frileuse au sens où elle interviendrait plutôt en fin de course pour obtenir des amendements sans travailler au changement de l’esprit d’un texte. Il n’empêche que l’effet du lobbying n’est pas à prouver, il suffit d’observer la cause de l’annulation de la directive sur le tabac pour y rencontrer le lobbying. De la même manière, l’ampleur du phénomène ne peut qu’être constatée. Il suffit de regarder les chiffres des groupes de pression pour s’assurer de son importance : il y aurait quelque 3 000 groupes d’intérêt employant jusqu’à 10 000 personnes; les chiffres rendent également compte de la diversité du lobbying : ces groupes d’intérêts se composent d’environ 500 fédérations européennes et internationales, d’environ 50 bureaux de représentation d’autorités régionales, d’environ 200 entreprises directement représentées, d’environ 100 consultants sans compter les avocats assurant une activité de lobbying. Certains groupes assurent la défense des seuls intérêts de leurs membres, tandis que d’autres assurent la défense d’intérêts plus généraux comme la défense de l’environnement, des droits de l’homme, du consommateur. Source: Agence Incentive.

L’Ukraine au bord du gouffre

La rupture des liens avec son ancien partenaire russe, la mauvaise gestion des autorités et le coût de la guerre à l’est ont plongé l’Ukraine dans une grave crise économique. Kiev cherche à obtenir une restructuration de sa dette, d’un montant de 21 milliards de dollars (la dette totale du pays atteindra 100 % du PIB avant la fin de l’année) et espère obtenir une remise hypothétique de 40 % de la part des ses créanciers. Ces derniers, représentés par la société de placement new-yorkaise Franklin Templeton Investments, elle-même prêteuse, n’ont consenti qu’à un geste de 5 %. Il faut préciser que les intérêts ukrainiens sont défendus par la Ministre des finances Natalie Jaresko, citoyenne des États-Unis, devenue ukrainienne en décembre 2014, le jour de sa nomination au gouvernement de Kiev. Bien connue des milieux atlantistes, elle a poursuivi une carrière au sein du Département d’état US, où elle a entretenu des rapports avec la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et le FMI. Cette dernière institution exerce de fortes pressions sur les autorités du pays pour obtenir des mesures d’austérité, dont ils conditionnent la mise en place et son ampleur au versement de prochaines tranches « d’aide ». Le 23 septembre, le pays devra rembourser 450 millions d’euros. Si aucun accord n’est conclu d’ici là, le pays sera considéré en défaut de paiement et son taux d’emprunt atteindra des sommets.

Faire lire les enfants

Comment faire lire les enfants? Voilà un casse-tête que de nombreux parents connaissent, et ce encore plus quelques jours avant la rentrée des classes. Pour les motiver, un coiffeur américain à trouver une astuce qui a rencontré du succès. Alors que sa ville de Dubuque, dans l’Iowa, accueillait un événement autour de la rentrée des classes, Courtney Holmes a cherché un moyen d’y participer à sa manière. Il a alors animé un atelier coiffure pas comme les autres. Le concept imaginé par Courtney Holmes est simple: il offre une coupe gratuite aux enfants en échange de la lecture d’un livre à haute voix. Un procédé qui a séduit de nombreux lecteurs en herbe puisque selon ce que rapportent nos confrères du HuffPost américain, le coiffeur inventif a vu défiler plus de 100 têtes. Il a même dû donner des bons aux enfants qui faisaient toujours la queue, alors que l’événement se terminait, pour qu’ils puissent eux aussi tenter l’expérience. Face à l’enthousiasme suscité, il envisage de trouver un moyen pour pérenniser cette action.