Archives mensuelles : septembre 2017

Les stratégies de l’espace

Il faut encore rappeler que les différences fondamentales entre les réalisations spatiales indiennes et chinoises tiennent d’abord aux apports des coopérations dans la construction des compétences indiennes. Alors que la Chine, isolée, ne pouvait compter que sur ses propres forces, l’Inde a bénéficié de transferts de technologie d’origine variée destinés à des applications civiles contribuant ouvertement à l’aide au développement.  Cette logique arrive toutefois à son terme dès lors que les nouveaux systèmes envisagés par l’Inde deviennent de plus en plus comparables et potentiellement concurrents des programmes des anciennes puissances spatiales.  Le nouveau Livre blanc sur l’espace pour la période 2012-2016 (voir annexe n° 2), paru le 30 décembre 2011, insiste sur la continuité du développement des programmes tant d’application que de science et d’exploration. La Chine affirme ainsi sa volonté de renforcer sa base industrielle, d’accélérer la recherche concernant les technologies critiques et de poursuivre le développement de projets importants en science et en technologie comprenant les vols habités, l’exploration lunaire, un système d’observation à haute résolution, la navigation et le positionnement par satellites, une nouvelle génération de lanceurs. Le développement des applications et l’amélioration du segment sol sont aussi au programme.  La présentation des missions dans la partie prospective du rapport a conduit à de nombreux commentaires sur une accélération du programme lunaire chinois et l’envoi d’hommes sur la Lune. De fait l’ordre des développements donne les priorités suivantes : développement d’une nouvelle génération de lanceurs Longue Marche-5, 6 et 7, puis satellites d’observation, de communications, de navigation, scientifiques et technologiques avant que n’arrivent les courtes parties consacrées aux vols habités et à l’exploration.  Les projets en matière d’observation sont particulièrement ambitieux. Il s’agit tout d’abord d’améliorer les capacités existantes en météorologie, océanographie et ressources naturelles ainsi que celles de la constellation de petits satellites destinée à la surveillance de l’environnement et à la prévention des risques. Dans cette perspective, est envisagée une nouvelle génération de satellites de météorologie géostationnaires, de satellites de télédétection avec une capacité stéréo mais aussi de capacités radar et électromagnétiques pour l’observation.