Archives mensuelles : février 2018

Comme un pilote de chasse

Il y a des métiers, comme ça, qui font rêver les enfants. Tenez, moi. Lorsque j’étais petit, je rêvais d’une seule chose : devenir pilote de chasse. Bien entendu, cela n’est pas arrivé. Comme 99 % des gens, je travaille sur un ordinateur. Mais je regarde encore parfois vers les cieux avec des étoiles dans les yeux. Récemment, je me suis même efforcé de vivre ce rêve l’espace d’une demi-heure : j’ai fait un vol en avion de chasse dans le ciel de Reims. Pour être clair, j’ai raffolé des sensations de ce vol, et je suis convaincu que je n’oublierai jamais un tel moment. Cependant, cette expérience m’a quand même fait un peu gamberger, et j’ai pris conscience qu’en définitive, je ne regrette pas vraiment de ne pas être devenu pilote de chasse. Pour sûr, j’ai adoré les sensations de ce vol, mais il m’apparaît désormais évident que ce boulot-là n’était pas pour moi. J’ai compris qu’en réalité, les jobs qui captivent le plus les enfants sont en fait des métiers s’adressant à très peu de personnes. N’est pas pompier, militaire ou infirmière qui veut. Tous ces emplois sont davantage que des métiers, et exigent beaucoup de ceux qui les exercent. Pas mal de gens ne pourraient assurer dans ces métiers, ne pourraient supporter ce qui est en jeu. Qui peut être assez fou pour vouloir être toute la semaine en contact avec la maladie ou des ennemis ? Evidemment, le métier de pilote de chasse est plus plaisant, étant donné qu’il se passe en altitude. Mais il est également difficile. Voudriez-vous mettre votre vie en jeu chaque jour que Dieu fait ? Parce que c’est exactement ce que fait un pilote de chasse ! Les gens normaux veulent une place tranquille plutôt que mettre leur vie en jeu au quotidien. Décidément, le travail en bureau n’est pas si mal que ça. Surtout qu’en travaillant sur ordinateur, on peut bouiner sur internet. Je vous défie d’aller sur Facebook quand vous êtes en vol… En tout cas, faire cette expérience au moins une fois est vraiment formidable. Tenez, voilà le site où j’ai déniché ce vol en avion de chasse, si vous souhaitez vous faire votre propre opinion… En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste réputé de ce vol en L-39.

Censure de l’origine du monde

Facebook confond-il œuvre d’art et pornographie? Le géant américain du net répondait jeudi d’accusations de censure devant la justice française pour avoir fermé le compte d’un particulier reproduisant une photo du tableau de Gustave Courbet L’Origine du monde. Point de départ du litige: l’action en justice d’un enseignant qui reproche au réseau social d’avoir désactivé son compte personnel, «sans préavis ni justificatif», le 27 février 2011.  «L’Origine du monde», 1866. Bridgeman Images/RDA/Bridgeman Images Devant la quatrième chambre civile du tribunal de Paris, les avocats du plaignant ont demandé jeudi après-midi à la justice de reconnaître la «censure», d’ordonner la réouverture du compte et d’accorder 20.000 euros pour le préjudice. Frédéric Durand, professeur des écoles, reproche au réseau social d’avoir désactivé son compte personnel, «sans préavis ni justificatif». Les conseils de la firme américaine estiment, eux, qu’il n’y a pas de préjudice et qu’ils étaient en droit de censurer le compte en raison de violation des conditions d’utilisation. «Nous n’avons commis aucune faute, occasionné aucun préjudice», ont affirmé à l’audience les avocats de Facebook, selon qui le plaignant «n’a pas apporté la preuve d’un lien entre cette déconnexion et la publication de l’œuvre de Gustave Courbet». Ils demandent 1 euro de réparation pour procédure abusive et 10.000 euros pour les frais. Le verdict sera rendu le 15 mars. À l’issue de l’audience, la directrice des affaires publiques Europe de la firme, Delphine Reyre, a assuré que «L’Origine du Monde est un tableau extrêmement significatif, qui a parfaitement sa place sur Facebook». Questionnements sur la compétence de la justice française En 2011, Frédéric Durand avait vu son compte supprimé par Facebook après la publication sur son mur du célèbre tableau du XIXe siècle de Gustave Courbet représentant un sexe féminin. La photo renvoyait à un lien permettant de visionner un reportage sur l’histoire de cette œuvre. Il avait publié cette image quelques jours après un artiste danois, Frode Steinicke, qui avait été lui aussi exclu de Facebook. Le réseau social avait alors expliqué que ses règles interdisaient, entre autres, la nudité, mais avait fini par réactiver le compte du Danois, sans le tableau litigieux. Le 4 octobre 2011, l’internaute français assignait Facebook en justice pour réclamer la réactivation de son compte, au nom de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Pendant cinq ans, le géant du net a bataillé, de recours en recours, pour tenter d’échapper à la justice française, avec comme principal argument le fait qu’étant domiciliée en Californie, la société ne pouvait être jugée qu’aux États-Unis.