Jeu vidéo : réception glaciale pour « Metal Gear Survive », suite non désirée d’une saga culte

« Metal Gear Revenge », à peine annoncé, déjà très critiqué.

« Konami, tu n’as que de mauvaises idées. » La réaction était prévisible, mais l’éditeur de jeu vidéo japonais n’y a pas échappé. La société, parmi les plus reconnues dans le monde durant trois décennies (les séries « Castlevania », « Metal Gear », « Pro Evolution Soccer »…), a reçu une salve de commentaires acerbes à la suite de la mise en ligne, mercredi 17 août, de la bande-annonce de son projet pour 2017, le jeu Metal Gear Survive, à l’occasion du plus grand Salon européen du jeu vidéo, la Gamescom de Cologne (17-21 août).

Premier épisode de la vénérable série des « Metal Gear »depuis le départ forcé en 2015 de son iconique créateur, l’imprévisible Hideo Kojima, Metal Gear Survive troque l’infiltration rusée, la culture cinématographique appuyée et l’humour décalé des épisodes canoniques de la saga pour un jeu postapocalyptique avec des morts-vivants.

« Cette… CHOSE… ressemble à un jeu de zombies générique… Dénué de toutes les innovations qui ont fait de la série “Metal Gear” la franchise iconique si connue aujourd’hui », déplore un internaute sur sa page YouTube, où plus de vingt appréciations négatives ont été publiées.

Une série sacro-sainte

Si l’agacement des joueurs est si fort, c’est que, à défaut de se vendre autant qu’un « Call of Duty » ou un « GTA », les « Metal Gear Solid » jouissent d’une solide communauté de fans, exigeants en matière de jeu vidéo et attachés au perfectionnisme et à la créativité d’Hideo Kojima, concepteur iconoclaste capable de glisser des énigmes sur l’arrière de la jaquette ou de feindre une panne de signal vidéo en pleine partie (Metal Gear Solid), de mener en bateau le joueur durant une aventure entière (Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty), ou encore, dans une séquence quasi mystique, de mettre en scène la souffrance de ses ennemis morts (Metal Gear Solid 3: Snake Eater). Autant de prises de risque qui semblent avoir échappé au nouveau projet de Konami, au désespoir des observateurs, pour qui la série n’a plus de sens sans M. Kojima.

Je viens de voir le trailer de Metal Gear Survive et je me demande si je ne préfère pas avoir Metal Gear pachinko :-/

— KasuteruAkihito (@Flouflou)

Metal Gear Survive https://t.co/2VHkH70kXv

— DayoScript (@Dayo)

En fait Metal Gear Survive est un jeu méta qui t’explique que maintenant la série est un zombie.

— Martinmerlan (@Martin Lefebvre)

Certains, plus rarement, veulent malgré tout laisser au projet le bénéfice du doute.

Metal Gear Survive sonne creux, mais je reste curieux malgré tout. Et vous ? https://t.co/pLNXMY1MBq

— At0mium_ (@Will – At0mium)

Cette réception très critique n’est pas non plus étrangère aux nombreux couacs de communication de l’éditeur depuis ces deux dernières années. Metal Gear Solid V: The Phantom Pain, sorti à la fin de 2015, a été marqué par une gestation douloureuse, le conflit ouvert entre Hideo Kojima et Konami, aux techniques de management brutales et humiliantes, selon une enquête du quotidien japonais Nikkei. L’éditeur japonais a par ailleurs été accusé par l’organisateur des Game Awards 2015 d’avoir interdit à Hideo Kojima de se rendre à la cérémonie, où un prix lui était réservé pour Metal Gear Solid.

L’emblématique créateur, désormais indépendant et soutenu par Sony, a fait sensation en présentant son nouveau projet, le fascinant Death Stranding, au contenu mystérieux mais dont la bande-annonce est vénéneuse et envoûtante.