Les nouveaux profils de personnes sans-domicile en Italie

De 2014 à 2016, l’Enquête des Membres de fio. PSD (2017) révèle deux tendances : · L’arrivée de nouveaux profils de personnes sans-domicile ; · L’accroissement du nombre des usagers traditionnels de l’hébergement d’urgence. Les jeunes (18-25 ans), les demandeurs d’asile, les déboutés du droit d’asile, les familles et les demandeurs d’emploi peu qualifiés, sont de plus en plus nombreux en tant que nouveaux usagers des services d’aide aux personnes sans-abri. Les demandeurs d’emploi peu qualifiés font face à un « sans-abrisme épisodique » corrélé aux faibles revenus et à la perte fréquente d’emplois instables. Des emplois irréguliers et précaires, la perte d’un logement abordable et la perte d’une résidence officielle entraînent des effets d’exclusion et de marginalisation. Les femmes victimes de violences et d’abus domestiques, les migrants et les personnes de nationalité italienne sont également plus nombreux-ses à faire appel aux services d’orientation, de conseil et de soutien psychologique des services d’aide aux personnes sans-abri. Dans le même temps, les services changent : on observe une augmentation des lits pour les primo-arrivants ; des centres d’aide pour les demandeurs d’asile ; des postes de secours pour l’hygiène et l’alimentation ; des mesures d’accompagnement pour favoriser l’inclusion sociale (orientation professionnelle, aide juridique, conseil) ; des projets ciblés sur le logement (logement d’abord, coopératives de logement, projets pilotes pour l’application du droit au logement). Le sans-abrisme parmi les jeunes représente un enjeu important en Italie. Selon l’enquête ISTAT, en 2014, les jeunes étaient 13 012 parmi 50 724 personnes sans-domicile (25 %). Selon le nouveau rapport de Caritas, presque 30 % des personnes sans-domicile auraient entre 18 et 34 ans (7 484 sur 26 078 personnes sans-domicile passées par l’un des 1 801 centres d’aide de Caritas en 2017). 12 % sont italiens, 88 % sont de nationalité étrangère. Les jeunes sans-domicile italiens sont principalement de sexe masculin (60 %), avec un faible niveau d’études, une histoire sociale complexe (héritée de la famille) et sans emploi. D’un autre côté, beaucoup sont des jeunes migrants avec un niveau d’études intermédiaire, un permis de résidence, sans emploi et avec enfants dans 30 % des cas. L’augmentation du nombre de travailleurs pauvres, de mineurs non-accompagnés et de familles de nationalité étrangère au sein de la population sans-domicile sont des nouveaux défis auxquels le secteur d’aide aux personnes sans-abri se retrouve confronté actuellement.