Le jeu diplomatique

Au cours des six derniers mois, le monde a observé avec intérêt et parfois avec fascination le réarrangement des pratiques et stratégies de la politique étrangère américaine. La nouvelle administration a articulé des principes audacieux passionnants et défini de nouveaux paramètres stratégiques pour aborder l’urgence, l’important et le long terme à la fois ». Avec la conviction d’un grand maître et l’humilité d’un homme d’État curieux, le président américain Barack Obama a embrassé les complexités et les incertitudes de la participation géopolitique. Mais nulle part une telle implication n’a été aussi dramatique et audacieuse qu’au Moyen-Orient, où les politiques militaristes et la pensée géopolitique dogmatique du président George W. Bush n’ont fait que prolonger les conflits et aggraver les crises, laissant un héritage de dévastation continue en Palestine et d’affaires inachevées en Irak, au Liban. , L’Iran et ailleurs dans la région.
Obama doit faire face à ces réalités. Et saisissez-le. Chaque décision qu’il a prise ou incursion diplomatique qu’il a faite a été stratégiquement calculée pour éliminer ce qu’il a appelé cette blessure constante »ou plaie constante» qui infecte tous les intérêts de l’Amérique au Moyen-Orient. C’est dans ce contexte que son élévation du conflit arabo-israélien au rang de priorité absolue de la politique étrangère américaine peut être comprise. Le président a déclaré à plusieurs reprises que le statu quo dans la région est intenable et l’expansion continue des colonies de peuplement d’Israël dans ses colonies dans les territoires palestiniens est profondément préjudiciable aux intérêts américains dans la région et à la sécurité à long terme d’Israël. Le gel de ces colonies est donc la première étape fondamentale sur la voie du règlement du conflit. Les perspectives d’une telle résolution sont extrêmement difficiles mais néanmoins prometteuses.
Les tentatives d’Obama pour restaurer la crédibilité de l’Amérique en tant que courtier honnête de la paix ont ébranlé les subtilités diplomatiques et la dynamique politique habituelles au Moyen-Orient, forçant les principaux protagonistes du conflit à se démener pour trouver des réponses au nouveau jeu diplomatique. Le Premier ministre belliciste israélien, Binyamin Netanyahu, essaie de trouver des manœuvres et des astuces diplomatiques élaborées pour poursuivre son expansion des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ou à tout le moins, extraire autant de concessions des États arabes que possible avant s’engageant même sur les paramètres finaux bien connus d’un règlement global du conflit: un retour à la frontière de 1967 avec quelques ajustements mineurs comme convenu par les parties. L’intention de Netanyahu a été exprimée dans le discours qu’il a prononcé à la mi-juin dans lequel il a réaffirmé sa vision d’un État palestinien décousu qui manque de contiguïté, de viabilité et de tous les attributs essentiels de la souveraineté.
De leur côté, les Etats arabes jouent la même danse diplomatique fastidieuse, tenant à des horaires et des initiatives venues d’ailleurs. Au lieu d’unir leurs rangs et d’exprimer publiquement leur détermination à voir Obama réussir dans sa mission de ramener la paix dans la région, ils se contentent de réitérer leurs demandes pour qu’Israël respecte ses obligations juridiques internationales. Jusqu’à présent, ils ont résisté aux appels à engager un processus de confiance avec Israël tant que ce dernier refuse de répondre positivement à l’initiative de paix globale et historique qu’ils ont proposée en 2002.

Briser cette danse kabuki frustrante dans laquelle les parties sont engagées est la tâche qu’Obama s’est engagée. Sa crédibilité et le succès de tout son nouveau paradigme de politique étrangère dépendent de sa capacité à négocier une paix juste et durable entre Israël et ses voisins arabes. Cet objectif est réalisable mais dépend de sa capacité à faire pression sur toutes les parties pour qu’elles se conforment aux demandes légitimes qu’il a annoncées jusqu’à présent. Israël doit mettre un terme total à toutes ses activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et les Arabes doivent prendre des mesures pour faciliter le nouveau rôle de l’Amérique en tant que courtier honnête. Ces mesures de confiance peuvent inclure la reprise des contacts diplomatiques et la réouverture des sections d’intérêt israéliennes dans des pays comme le Maroc, les Émirats arabes unis, le Qatar et Oman. Des concessions importantes devraient suivre une fois que toutes les parties se seront mises d’accord sur les paramètres généraux d’un plan de paix global qui garantit la sécurité d’Israël tout en mettant fin à son occupation de toutes les terres arabes, y compris du plateau syrien du Golan.